J’ai publié beaucoup d’articles techniques ces derniers temps, hors je ne souhaite pas que ce blog soit exclusivement technique. Le travail dans l’informatique ce n’est pas que de la technique, c’est aussi de la collaboration avec différents acteurs : Collaborateurs, supérieurs, clients, prestataires …

Chaque acteur a ses contraintes et son organisation du travail. A l’heure où on ne cesse d’entendre les mot « compétitivité », « rendements » …  je déplore qu’on n’entende pas plus souvent des mots comme : qualité, collectif…

Qualité

Qualité, parce qu’il ne suffit pas que le travail soit fait. Il faut qu’il soit bien fait. Pour ça il faut bien analyser les besoins, anticiper le futur, documenter.

Le travail ça serait un développeur qui fait un bout de programme (qui fonctionne) dans son coin.
Le travail bien fait, c’est le développeur qui a analysé le besoin avec le donneur d’ordre, qui a prévu que son code soit évolutif ou réutilisé et qui a documenté son code.

Dans les deux cas « ça fonctionne », le travail bien fait prendra « a priori » plus de temps. Cette « perte » est à mettre en parallèle au temps passé à reprendre le code quand il faut le faire évoluer, qu’il n’y a aucune documentation ou que le code a été mal pensé et qu’il faut le revoir en profondeur.

Collectif

Dès lors que des personnes travaillent ensemble il y a une intelligence collective qui se met en place. Cette intelligence n’est pas quantifiable et pourtant elle existe. Il faut savoir mettre en place une organisation du travail qui permette de faire fructifier cette intelligence. Je vais vous citer quelques lignes qui sont de Christophe Déjours sur ce sujet :

La coopération dans le travail relève d’une forme d’intelligence collective, capable de faire se conjuguer des points de vue différents, des expériences différentes. De surcroît, cette intelligence au travail n’est pas une sommation d’intelligences individuelles ; il y a des performances dont la coopération est porteuse qu’on ne peut pas obtenir par la somme des compétences individuelles. Ce qui est incomparable dans la coopération, c’est le regard croisé des gens qui travaillent ensemble, qui permet aux uns et aux autres de se corriger, de s’avertir, de prévenir les choses. Quand vous prenez en considération cette intelligence collective qu’on appelle la coopération, vous vous rendez compte qu’on n’est plus seulement dans le registre de la poïésis, du travail comme production, on est dans le registre de l’action sur le monde, dans la catégorie de la praxis au sens aristotélicien du terme. C’est-à-dire qu’il y a un espace de délibération et de décisions à prendre, un espace où il faut à la fois dire son opinion et avoir la capacité d’écouter celle des autres. Et cet espace de la coopération, en tant que cristallisation de l’intelligence collective, porte en lui la question de l’émancipation.
Christophe Déjours – Le travail entre souffrance individuelle, intelligence collective et promesse d’émancipation

Christophe Déjours a beaucoup travaillé sur le rapport entre les Hommes et le travail. J’aime beaucoup cet auteur, conférencier…  Ses textes ne sont pas facile à lire mais sont très enrichissant. Je trouve ses analyses sur le travail très pertinentes et je ne manquerai pas de vous partager d’autres textes/vidéos.

Je vous avais annoncé que ce blog ne traiterait pas que de technique mais également du travail, du rapport entre l’homme et le travail, du rapport entre les hommes au travail.

Suite à l’annonce d’une offre d’emploi sur FRSAG un des membre a posté un lien vers la bande annonce du documentaire « Le bonheur au travail » :

Le Bonheur au travail – Teaser sur la RTBF le 18 février 2015 et sur ARTE le 24 février 2015 from Productions Campagne Première on Vimeo.

Vivement sa sortie sur ARTE le 24 Fevrier!

J’ai lu un article très intéressant dans la revue Sciences Humaines  sur « Les dérives de l’intelligence collective ».

L’intelligence collective produit régulièrement des décisions complètement erronées ou stupides, par exemple l’autorisation en 1986 de lancer la navette Challenger, alors que les décideurs savent qu’elle souffre d’un grave défaut et que certains d’entre eux sont convaincus qu’elle va s’écraser. Pourtant ces décisions ont fait préalablement l’objet de nombreuses délibérations entre individus haut placés, dont le rang en phase avec les capacités intellectuelles. Elles sont prises dans le cadre d’organisations structurées et ont été alimentées par une grande quantité d’informations. Or, ces trois éléments – les délibérations, l’organisation et l’information – sont susceptibles d’être affectés par de puissants dysfonctionnements, qui vont égarer collectivement des acteurs individuellement rationnels.

C’est assez intéressant, alors qu’on pourrait penser que nous prenons de meilleures décisions à plusieurs, des recherches montrent que ce n’est pas toujours le cas. Je pense qu’il est toujours important de connaître les « faiblesses » de l’esprit humain afin de prendre de meilleures décisions.

Liens vers l’article :

http://www.scienceshumaines.com/les-derives-de-l-intelligence-collective_fr_33072.html

Lien vers le numéro en question :

http://www.scienceshumaines.com/changer-le-travail-20-pistes-pour-ameliorer-la-qualite-de-vie-au-travail_fr_542.htm